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Bonjour et bienvenue sur mon site.

Je m'appelle Damien et j'ai 26 ans.

L'objectif de ce blog est de présenter mon projet qui est de voyager et de voir le monde.

Pourquoi? Parce que le monde est un livre, dont les gens qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.

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Autres

Lundi 23 juin 2008

TRIP AUX USA

Life is an adventure n est pas mort. Loin de la !!! Il a juste fait comme les canadiens, il a juste hiberné durant l'hiver !! 

Les beaux jours de retour, un petit voyage s imposait. La destination choisie fut les Etats-unis, plus du coté de la cote ouest. Le parcours du voyage : Monument Valley, Gran Canyon, Lake Powell, Bryce Canyon, Las Vegas, Los Angeles, San Fransisco, Napa Valley, Yosemite Park. Tout ca en trois semaines.

Comme vous avait du vous en rendre compte, je suis pas un grand fan des longs textes. Je prefere laissé parler les images. Cependant, Vous trouverez cette fois ci, a la suite des photos un texte decrivant l esprit du voyage. Je clarifie tout de suite, ce n est pas moi qui est ecrit ca. Premiere chose, je suis trop flemard, et second j en serait pas capable. Dans le but de remettre a Cesar, ce qui appartient a Cesar, le texte est de patrick Severin (a droite sur la premiere photo), journaliste de profession.

A note qu un film a etait tourné et qu il sera disponible tres bientot en visionnage sur le net.

Voila l equipe: Audrey et Patrick


Pour tourner un film, il faut une camera:




Camping comme moyen d hebergement:

Monument Valley, decor favoris de tous bons wersterns:


Lake Powell:


El Gran Canyon:




Bryce Canyon, un endroit vraiment magique:




Yosemite Park:


A la conquête de l’Ouest


Lundi 26 mai 2008.

 

Day 1

 

06 :40 – 0 km : j’ouvre les yeux. J’ai pas mal dormi et je me dis que c’était sans doute la dernière fois avant longtemps. Je me dis aussi une dernière fois que ce qu’on s’apprête à faire n’a vraiment pas de bon sens. J’ai commencé à me le dire hier. Ces dernières semaines, j’ai pourtant eu tout le temps pour me poser ce genre de question mais il semble qu’il y a des périodes dans notre vie où « se poser les bonnes questions » n’est pas à l’ordre du jour. Soit. Je reviens d’un mois et demi en Belgique et là, après deux jours à Montréal, j’embarque dans une nouvelle expérience. Certains jours ont davantage de consistance que d’autres. Le week-end qui vient de s’achever avait une épaisseur toute particulière, comme une espèce d’intense concentré de vie. Je viens notamment de décider que je ne continuerais pas mon aventure canadienne après cet été. De quoi donner une saveur encore un peu plus spéciale à ce road trip vers l’Ouest… En écoutant la radio, je me suis demandé si c’était vraiment un hasard qu’on attaque notre conquête de l’Ouest le jour de l’anniversaire de John Wayne… Ca, c’est une vraie bonne question, hein ?

 

10 :09 – 0 km : Damien a ramené ses fesses, on a dégoté une voiture dans laquelle on a entassé les premiers trucs qui nous sont tombés sous la main, ma sœur s’est démerdée pour nous trouver une tente de compet’ à 30 dollars… Je crois qu’on est parés pour notre Grand N’importe Quoi. Moteur.

 

11 :45 – 148 km : On s’arrête déjà. On a faim. A ce rythme là, on n’est pas près de voir le Pacifique. On a entre 13 000 et 15 000 kilomètres à boucler. Je calcule vite fait que si on continue à faire une pause toutes les 150 bornes, il nous faudra deux ans et demi avant de revoir le Québec.

 

20 :20 – 724 km : On est toujours au Canada et, déjà, on décide de chambouler notre programme. On va faire l’impasse sur Chicago pour atteindre le Colorado dans les plus brefs délais.

 

22 :05 – 918.6 km : On atteint la frontière à Détroit.

 

01 :32 – 918.7 km : On quitte la frontière…

 

Oui… trois heures et demi pour franchir la frontière américaine !

 

Faut pas croire, c’est qu’ils savent recevoir les Ricains. Ils avaient tout prévu : un comité d’accueil sympa, une petite salle bien fraîche et plein de d’invités super cool venant du monde entier mais surtout de sa partie sud, bizarrement… Trois heures et demi où on a été traités comme des sous-merdes sous prétexte que, comme aucun de nous trois n’avait de boulot, si on voulait entrer dans leur pays de rêve, c’était certainement pour devenir des immigrés illégaux… P’tête que le fait qu’on soit Belge et qu’on n’aura bientôt plus de pays à nous les a influencé dans leur hésitation. Soit.

 

Ceux qui me connaissent bien doivent m’imaginer dans ce local glacial où des officiers de l'immigration répondant trop bien aux stéréotypes du gars qui pourrait porter un badge « Fier d’avoir voté Bush » passaient toutes les demi-heures nous poser dix-huit fois les mêmes questions avec autant de courtoisie que l’Ultimate Warrior quand il faisait sa célèbre descente du coude et sans prendre jamais la peine de nous expliquer pourquoi on nous retenait là.

 

Ceux qui me connaissent vraiment bien doivent imaginer le regard que j’ai décoché quand un gros moustachu en uniforme est entré et m’a balancé « Toi, t’enlève les mains de tes poches et tu vas t’asseoir ! »…

 

Ceux-là peuvent aussi imaginer ma tronche quand après 223 minutes sans la moindre explication, un type s’est pointé pour nous annoncer très poliment « Je suis désolé mais je crois que vous n’allez pas pouvoir entrer au Etats-Unis ce soir… »

 

Fin voilà, je vous passe les détails de « comment qu’on a finalement fait pour entrer » mais c’est un fait : on est entré.

 

Day 2

 

11 :20 – 1664 km : Damien demande si ce ne serait pas drôle de chercher l’adresse d’Homer Simpson dans les pages jaunes à Springfield… On s’est abstenu de répondre et on s’est contenté d’enfourner nos pêches au thon.

 

18 :28 – 2236 km : Je me suis demandé si on n’était pas entré par accident dans un simulateur de conduite. Ca fait plus de 1000 bornes qu’on a entamé cette ligne droite en « cruise control » et le décor n’a pas évolué d’un iota. Je constate que ma sœur profite de son passage au volant pour faire des exercices de gym, comme conseillés dans les avions. Géniale quand même cette invention, le « cruise control ». Je me suis dit que le type qui l’a inventé avait certainement un passé d'hôtesse de l’air.

 

Day 3

 

05 :01 – 3070 km : Oh punaise, on quitte l’autoroute ! C’est presque flippant. On s’est tellement habitués à ces lignes droites en « cruise control » qu’on a quasi peur de ne plus savoir à quoi ressemble le monde hors d’une 4 bandes. Lorsque la route se met à tourner, on a un peu le vertige. Sinon, on est au Colorado. Yeah ! Au milieu de paysages somptueux… qu’on ne voit pas parce qu’il tombe des cordes depuis 500 bornes.

 

14 :45 – 3216 km : On visite le « Jardin des Dieux » à Colorado Springs quand Monsieur Soleil se décide enfin à pointer son nez. Et on découvre qu’en fait, on est encerclés de montagnes. On ne s’en était même pas rendu compte tellement il faisait mauvais. On s’est installé dans un camping. Après deux nuits passées dans notre superbe char d’attaque, ça fait du bien de se poser un peu.

 

Day 4

 

14 :15 – 3680 km : On a pris plein sud, direction le Nouveau-Mexique. Au détour d’un virage, on tombe nez à nez avec le Rio Grande. Ici, il est encore plutôt « pequeno » mais ça reste le Rio Grande, bordel. Celui de John Ford et d’Eddy Mitchell…

 

17 :02 – 3905 km : On a les fesses posées sur une terrasse et on regarde les bikers passer sur ce qui reste de la Road 66 à Albuquerque. Je me dis qu’il serait temps que j’apprenne à faire de la moto. C’est pas crédible, un CV d’aventurier, sans une ligne pour dire qu’on sait faire de la moto…

 

Day 5

 

05 :40 – 3955 km : Ma soeur pionce encore. Damien vient seulement de réussir à s’endormir. On s’est planqué sur une montagne juste au dessus d’Albuquerque pour planter notre tente. Le vent a soufflé en tempête toute la nuit et on a cru qu’on allait s’envoler avec et tout et tout… J’attends patiemment, malgré la brise glaciale, comme un pêcheur d’images, que le soleil se lève… Il se fera désirer, l’enfoiré.

 

11 :55 – 4302 km : Première balade dans le désert, seuls au milieu de nulle part. Je cours partout, je fais des bonds et je chante faux. Bref, je suis heureux. Il m’en faut peu.

 

19 :35 – 4568 km : On plante notre tente au milieu du Navajo National Monument, territoire sacré pour les Indiens. Face à nous, un canyon, derrière nous, le désert. Yeah ! Au moment d’allumer le barbecue, j’ai imaginé nos bêtes têtes sur la Une du Navajo Time du surlendemain avec en légende : « Les trois comiques à l’origine de l’incendie qui a ravagé notre Terre sacrée ».

 

Day 6

 

09 :45 – 4760 km : Ca fait quelques minutes que je marche au milieu de Monument Valley. Pour ceux à qui ça ne dit rien, c’est le lieu désertique avec plein de pics rocheux où on été filmés la majorité des westerns hollywoodiens. Je suis en extase. Je viens d’avoir une révélation. Je suis un cow-boy qui s’ignore. Je crois que je l’ai toujours su mais que ça restait enfoui profondément en moi. Je viens de me demander ce qui m’empêche de tout plaquer et de partir droit devant, dans la plaine, et d’avancer sans me retourner jusqu’à tomber mort de soif et voir mes os blanchir au soleil avec des charognards heureux qui me chatouilleraient les omoplates… La seconde d’après, j’avais déjà trouvé 53 raisons très valables.

 

13 :37 – 4840 km : Il paraît qu’un bonheur ne tombe jamais tout seul. C’est la théorie des systèmes ou un yoke comme ça. En quittant le parc, on est tombé sur notre premier cyber du voyage (car non, les Américains ne connaissent pas les cyber cafés). Payer 1 dollar les 5 minutes valait le coup car j’y ai appris que Wallonie Image Production avait décidé de soutenir financièrement mon projet de film au Rwanda… J’ai pris peur. Peut-on décemment être cow-boy et réalisateur en même temps ? Et là, j’ai pensé à Clint. La sérénité est revenue d’un coup.

 

Day 7

 

08 :59 – 5035 km : Je suis en train de me savonner énergiquement dans le lac Powell. Ca fait du bien. Depuis mon coming out de cow-boy, je suis à fond dans le rôle et j’ai adopté l’hygiène de vie limite des gars du Wild Wild West. Mais y a un moment où on se lasse même de la crasse. Et puis jumper dans l’eau, c’est un plaisir démesuré après plusieurs journées de désert sous des chaleurs écrasantes.

 

Day 8

 

09 :07 – 5278 km : Je me suis demandé combien de pignoufs comme nous se font photographier chaque année en train de simuler un plongeon dans le Grand Canyon… Et puis je me suis demandé combien de pauvres types le faisaient pour de vrai. Mais c’était vachement  moins drôle, alors j’ai pensé à autre chose.

 

Day 9

 

19 :57 – 5710 km : On a passé la journée au Bryce Canyon. Impressionnant et bizarre comme lieu, vous verrez les photos. Là, on s’apprête à passer la nuit dans le « Jardin du Diable ». Un spot magnifique mais un peu malsain  en plein désert, à 25 km de toute trace de vie humaine. Ma sœur me dit « Je ne me suis jamais sentie aussi seule ». D’abord, j’ai trouvé ça super triste. Et puis j’ai pigé qu’elle parlait de l’endroit et de notre isolement.

Le truc un peu poche avec le désert, c’est qu’il n’y a pas full d’activités. Je sais pas si vous avez déjà joué au poker avec des cailloux pour vous occuper mais le jour où vous serez capables de ça, vous serez paré pour les déserts de l’Utah. 

 

Day 10

 

01 :00 – 6229 km : Je me suis demandé si j’avais déjà mis les pieds dans un endroit plus déprimant que Las Vegas. En arrivant, j’étais curieux. Je suis reparti triste. Vraiment. Le lieu est complètement fake, abrutissant et construit sur toutes les valeurs américaines qui me font vomir. Mais ce qui m’a profondément marqué, ce sont les gens qui viennent là. Je pense que ce sont les mêmes que j’ai croisé lors de leur voyage de noces à Niagara Falls. Et puis en voyant toutes ces vieilles riches qui semblent attendre d’avoir tout dépensé pour mourir, je me suis demandé si on ne pourrait pas rebaptisé le bled « Lasses et Grasses ». Ben quoi, c’est possible avec les Ricains. Au Nouveau-Mexique, ils ont rebaptisé officiellement une ville « Truth or Consequence ». C’est le nom d’une émission de TV… Outre le fait que je voudrais vraiment savoir comment s’appellent ses habitants, je me suis dit que le premier truc que je ferais en Belgique serait de fonder une assoc’ pour rebaptiser Gedinne « Tout le monde veut prendre sa place ». Je sais bien que « Questions pour un champion » passerait pour beaucoup plus respectable mais j’y peux rien, moi, si j’ai toujours préféré les jeux télé du midi à ceux du début de soirée (d’ailleurs, en deuxième option, je pense à « Mo-mo-motus »).

 

Day 11

 

18 :54 – 6823 km : Le désert de Mojave a conclu la première partie du trip. Là, sous nos yeux, alors qu’on écoutait à la radio le Game 1 des NBA Finals, c’est l’Océan Pacifique qui vient de nous claquer une première vague. On y est.

 

Day 14

 

12 :35 – 7118 km : En bon cow-boy, je me sens vachement moins à l’aise depuis qu’on a rejoint la côte. Heureusement, on s’est planqué dans les montagnes de Santa Monica, juste au dessus des plages de Malibu. L’endroit est superbe et compense le manque d’intérêt du reste. Là, on mange une pointe de pizza sur Hollywood Boulevard. C’est le truc le plus cool qu’on a fait depuis deux jours. Je sais que vous vous posez la question et je ne vais pas faire durer le suspense plus longtemps. Non, on n’a pas trouvé l’étoile de Chuck Norris sur le Walk of Fame… Ma déception fut à la hauteur du personnage. Puis je me suis dit que Chuck, il est tellement balèze que son étoile, ils l’ont posée direct sur la Voie lactée…

 

16 :53 – 7139 km : Je me demande quel genre de gars je serais devenu si j’avais accompli mon rêve d’ado et que j’étais venu vivre un an en Californie quand j’avais 18 ans. Peut-être qu’aujourd’hui, je serais le seul blanc à jouer au basket sur ce playground de Venice Beach, le terrain qui m’a fait fantasmer depuis « White men can’t jump ». Peut-être aussi que je serais devenu cow-boy et acteur et même que j’aurais joué dans « Broke back Moutain »… Oufti, comme j’ai bien fait de rester en Europe, hein, oui ?

 

Day 17

 

06 :30 – 7752 km : La première fois qu’on a vu un animal sauvage, on était tout fou. Sérieux. Vingt-huit photos chacun de la biche au bord de la route. Aujourd’hui, on est vraiment blasés. Sans dec’, aux States, hors de villes, t’as l’impression en permanence d’évoluer dans « Bambi » ou « Blanche Neige ». Où que tu te balades, il y a des lapins qui courent entre tes jambes, des faons qui gambadent à tes côtés, des oiseaux qui viennent se poser sur ton épaule… Dans quelques heures, on va même croiser des éléphants de mer sur la plage. C’est tellement trop que ça devient saoulant. Sont toujours too much, ces Ricains…

 

Day 18

 

15 :49 – 8242 km : Hopla, on traverse le Golden Gate Bridge. Heureux de découvrir San Francisco, une superbe ville où il semble bon vivre. Tout le contraire de LA. Quand Damien m’a demandé si je pensais que c’était Los Angeles ou San Francisco la ville la plus ancienne, je lui ai promis une réponse quand il pourra me dire qui de l’éléphant ou du rhinocéros était le plus fort. A l’heure actuelle, il continue d’enquêter sur la question.

 

17 :17 – 8279 km : Je me suis demandé comment les Américains osent se plaindre de l’augmentation du prix de l’essence alors qu’ils la paient 4 fois moins cher qu’en Europe et qu’ils roulent tous dans des énormes pick-up.

 

Day 20

 

10 :06 – 8383 km : On quitte le Pacifique pour la Napa Valley, la vallée des vins californiens. C’est aussi la première fois que notre route prend la direction de l’Est. Déboussolant.

 

Day 21

 

17 :15 – 9000 km : On sort de l’apaisante vallée du Yosemite, notre dernière étape avant le rush final du retour.

 

18 :51 – 9086 km : Le rush final sent le roussi. On s’arrête en pleine montagne parce la voiture tremble et qu’une odeur de brûlé sort du capot. On descend, on ouvre le capot, on check le moteur… puis on arrête de faire semblant et on s’avoue qu’on est des vrais branleurs en mécanique et qu’on n’y pige que dalle à un moteur. On repart et se laisse descendre jusqu’au pied de la montagne. On fait le plein d’essence et le moteur apprécie le geste, prend pitié et décide de nous épargner jusqu’au terme du trip. Alleluia !

 

Day 23

 

15 :17 – 12583 km : J’accompli enfin la mission que je m’étais fixée et brûle un cierge devant la statue de Michael Jordan à Chicago. Karl, Max, Nico, Jack… sachez que je vous ai cité dans la ma prière.

 

22 :36 – 13108.8 km : Après avoir fait trois fois le tour de Detroit avant d’enfin trouver le foutu pont-frontière, histoire de bien mettre mes nerfs à cran avant d’arriver à l’immigration, on se présente aux portes du Canada.

 

22 :37 – 13108.9 km : On est au Canada.

 

Day 24

 

10 :41 – 14010 km : Je tire le frein à main. Je baille. Je souris.

Par Damien - Publié dans : Canada
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